Vous avez passé des heures à reboucher les trous, poncer méticuleusement, puis appliquer votre belle peinture de finition. Mais une fois le mur sec, c’est la déception : on devine chaque endroit où vous avez mis de l’enduit. Ces zones apparaissent soit plus mates (comme des taches), soit plus lisses que le reste du mur. Ce phénomène, bien connu des peintres sous le nom d’embus ou de spectre, n’est pas une fatalité. Il est le résultat d’une différence d’absorption ou de texture entre votre fond d’origine et la réparation.
Les infos à retenir
- 🧽 Le problème d’absorption (Embus) : L’enduit est une éponge. Il boit la peinture plus vite que le reste du mur. Résultat : la peinture devient mate à cet endroit, créant une tache visible à contre-jour.
- 📜 Le problème de texture (Grain) : Le mur peint au rouleau a un léger grain (peau d’orange). Votre enduit poncé est lisse comme un miroir. Cette différence de relief accroche la lumière différemment.
- 🛡️ La solution préventive : Il faut impérativement appliquer une sous-couche (impression) sur les zones enduites avant la finition pour bloquer le fond.
- 🎨 La correction : Si le mal est fait, il faut ré-imprimer les taches et repeindre le mur entier. Une simple couche supplémentaire suffit rarement.
La différence de porosité : le coupable n°1 (Les Embus)
La cause la plus fréquente d’un enduit qui « ressort » sous la peinture est une différence de porosité. Votre mur ancien est souvent « fermé » (saturé par les anciennes couches de peinture), alors que votre enduit de rebouchage ou de lissage est un matériau neuf, poreux et très absorbant. Lorsque vous passez votre peinture de finition directement dessus, l’enduit absorbe instantanément le liant (la résine) de la peinture. En surface, il ne reste que les pigments et les charges, ce qui donne un aspect mat et terne, alors que le reste du mur a gardé son aspect satiné ou velours. C’est ce qu’on appelle un « embu ». Ajouter des couches de finition ne règle souvent rien, car l’enduit continuera de boire la peinture tant qu’il n’est pas saturé.
La différence de relief : le problème du ponçage « miroir »
L’autre raison, plus subtile, est une différence de texture. Un mur déjà peint possède une structure : le grain du rouleau précédent (le poché). Lorsque vous faites une réparation à l’enduit, vous poncez généralement jusqu’à obtenir une surface parfaitement lisse, douce comme une peau de bébé. Une fois peint, vous avez donc une zone lisse au milieu d’un mur texturé. La lumière rase va impitoyablement révéler cette différence de planéité. Pour éviter cela, les professionnels ne cherchent pas le « miroir » absolu sur une retouche localisée, ou utilisent un rouleau à poils longs pour charger la zone en peinture et recréer artificiellement ce grain manquant lors de la couche d’impression.

Comment rattraper un mur raté ?
Si vous constatez les dégâts après séchage, ne paniquez pas, mais ne remettez pas simplement une couche de finition « pour voir ». Cela ne fera qu’accentuer la surépaisseur sans régler l’absorption. La méthode de sauvetage consiste d’abord à poncer légèrement les zones concernées pour casser l’éventuelle surépaisseur de peinture. Ensuite, appliquez une couche de peinture d’impression (sous-couche) uniquement sur les taches d’enduit. Cette couche va « bloquer le fond » et saturer la porosité de l’enduit. Une fois cette impression sèche, vous devrez malheureusement repasser une couche de finition sur l’intégralité du pan de mur (d’un angle à l’autre) pour obtenir un résultat uniforme et sans traces de reprise.
L’avis du peintre en bâtiment
« C’est l’erreur classique du bricoleur pressé. On se dit que la peinture ‘2 en 1 avec sous-couche intégrée’ va suffire. C’est faux. Sur de l’enduit brut, il faut toujours imprimer. Si vous avez la flemme de faire tout le mur, utilisez au moins un reste de sous-couche universelle juste sur les taches blanches de l’enduit avant de peindre. Ça vous sauvera votre finition. »
L’importance de la préparation
Voir ses retouches d’enduit après avoir peint est frustrant, mais logique physiquement. La peinture révèle les défauts, elle ne les cache pas. Pour avoir un mur parfait, considérez que l’enduit brut est une matière « étrangère » au mur qui doit être neutralisée par une sous-couche avant de recevoir la couleur finale. C’est la seule façon d’homogénéiser le support.
Foire Aux Questions (FAQ)
🖌️ Une peinture monocouche couvre-t-elle les enduits ?
Non, malgré le marketing. Le terme « monocouche » désigne le pouvoir couvrant (l’opacité) de la couleur, pas sa capacité à bloquer l’absorption du support. Si vous appliquez une monocouche sur un enduit poreux sans apprêt, elle sera bue comme n’importe quelle autre peinture et créera des embus.
🌫️ Faut-il poncer entre les couches pour corriger ?
Oui, un léger égrenage au papier fin (grain 120 ou 150) est recommandé. Cela permet d’atténuer la différence de relief entre la zone lisse de l’enduit et le grain du reste du mur. Cela favorise aussi l’accroche de la nouvelle couche de rattrapage.
🧴 Peut-on utiliser de la colle à tapisser comme sous-couche ?
C’est une vieille astuce de grand-père (l’encollage), mais elle est risquée avec les peintures modernes. La colle peut réagir avec l’eau de la peinture acrylique et créer des craquelures ou des décollements. Il vaut mieux investir dans un petit pot de sous-couche universelle, c’est fait pour ça.









