Une plaque à induction n’a pas besoin d’un abonnement triphasé : la plupart des modèles se branchent en monophasé 230 V (câble 6 mm², circuit dédié 32 A), et beaucoup acceptent aussi le triphasé grâce à un pontage modifiable sous la plaque, signalé par la mention « 230 V / 400 V 3N » sur la plaque signalétique. En triphasé, on utilise un câble 5 fils (5G2,5 mm²) et la puissance n’augmente pas : l’intérêt est de répartir la charge sur plusieurs phases. Un pontage erroné provoque un court-circuit, donc faites réaliser le raccordement par un électricien.
Infos à retenir
- 🔌 Une utilisation biphasée en réalité (2N~) : la quasi-totalité des plaques n’utilisent que deux phases de 230 V sur les trois disponibles.
- ⚠️ Le respect absolu du neutre : chaque électronique interne fonctionne en 230 V entre une phase et le neutre, jamais en 400 V direct.
- 🧲 La position des cavaliers en cuivre (shunts) : retirer impérativement le cavalier reliant les bornes L1 et L2 avant le branchement triphasé.
- ⚡ La section de câble normalisée 2,5 mm² : un câble à 5 conducteurs de 2,5 mm² protégé par un disjoncteur tétrapolaire de 16 A ou 20 A.
Pourquoi parle-t-on de branchement triphasé alors que les plaques sont en 230 V ?
Pour réussir votre raccordement sans griller votre équipement, il faut comprendre l’architecture électrique interne d’une table à induction moderne :
Dans un logement raccordé en triphasé par Enedis, la tension mesurée entre deux phases distinctes est de 400 Volts, mais la tension mesurée entre n’importe quelle phase et le conducteur neutre est de 230 Volts. Aucune table de cuisson domestique grand public ne fonctionne avec des inducteurs alimentés en 400 V pur : ses cartes mères, ses microprocesseurs et ses ventilateurs réclament tous une alimentation standard de 230 V.
Pour délivrer une puissance totale élevée (souvent comprise entre 7 200 Watts et 11 000 Watts sans faire sauter les plombs), la table de cuisson divise sa charge interne en deux blocs électroniques indépendants :
Le bloc de gauche (foyer 1 et foyer 2) est raccordé sur la Phase 1 (borne L1), tandis que le bloc de droite (foyer 3 et grand foyer modulable) est raccordé sur la Phase 2 (borne L2). La troisième phase disponible sur votre réseau domestique reste tout simplement inutilisée par la plaque (ou réservée pour brancher le four encastré voisin). C’est ce que les notices techniques désignent sous le terme exact de raccordement biphasé avec neutre commun (schéma 380-415 V 2N~).
Le conseil d’un électricien d’équipement domestique
« La première erreur des particuliers qui branchent une plaque en triphasé, c’est d’oublier d’enlever le petit pontet métallique doré placé d’usine entre les bornes L1 et L2. Ce cavalier est mis pour le monophasé de 230 V. Si vous branchez deux phases différentes du réseau triphasé sans retirer ce cavalier, vous provoquez un court-circuit franc direct de 400 Volts entre phases : ça fait une énorme étincelle, la carte électronique part en fumée et la garantie constructeur est systématiquement refusée pour surtension. »

Schémas de câblage, pontets et couleurs de fils : tableau comparatif des raccordements d’une plaque
Avant d’engager le moindre fil dans le bornier sous la table de cuisson, repérez la configuration correspondant à votre installation électrique :
| Type d’installation électrique | Schéma de raccordement du bornier | Disposition des cavaliers en cuivre (shunts) et câbles |
|---|---|---|
| Réseau Triphasé domestique standard (2N~) | 380-415 V 2N~ (Le montage le plus fréquent). | 🔴 RETIRER LE CAVALIER entre L1 et L2. Phase 1 sur L1 (marron), Phase 2 sur L2 (noir), Neutre sur N1/N2 pontés (bleu), Terre sur PE. |
| Réseau Triphasé spécifique 3 phases (3N~) | 380-415 V 3N~ (Gros pianos de cuisson 5 ou 6 foyers). | Aucun cavalier sur les phases : Phase 1 sur L1, Phase 2 sur L2, Phase 3 sur L3, Neutre commun sur N. |
| Réseau Monophasé standard 230 V (1N~) | 220-240 V 1N~ (Installation classique d’appartement). | Cavalier en place reliant L1 et L2 : une seule phase de 32 A raccordée, neutre ponté sur N1-N2, terre sur PE. |
Ce tableau met en exergue la règle de sécurité absolue : la séparation physique des phases d’alimentation au niveau des bornes L1 et L2 est la condition sine qua non pour exploiter le réseau triphasé sans griller le matériel.

La méthode étape par étape pour raccorder le bornier sous la plaque
Pour réaliser le branchement dans le respect de la norme électrique NF C 15-100 sans danger pour votre sécurité :
- Coupez impérativement le disjoncteur d’abonné général Enedis au tableau électrique et vérifiez l’absence totale de tension à l’aide d’un vérificateur d’absence de tension (VAT).
- Ouvrez le petit capot rectangulaire en plastique situé sous la table de cuisson à l’aide d’un tournevis Torx ou plat pour dégager l’accès aux vis du bornier en laiton.
- Retirez définitivement le pontet métallique reliant les bornes L1 et L2 (conservez en revanche le pontet situé entre les bornes de neutre N1 et N2 si votre plaque possède deux plots neutres séparés).
- Raccordez le fil marron (Phase 1) sur la borne 1 (L1), le fil noir ou gris (Phase 2) sur la borne 2 (L2), et isolez soigneusement le troisième fil de phase venant du mur avec un domino ou une borne Wago s’il n’est pas utilisé.
- Raccordez le fil bleu sur la borne N (Neutre) et le fil bicolore vert-jaune sur la borne métallique marquée du symbole de Terre (PE).
- Serrez fermement les vis de serrage pour éviter tout échauffement par effet Joule et verrouillez le serre-câble pour bloquer le cordon en cas de traction.
Une fois les raccordements vérifiés et le capot revissé, réenclenchez l’alimentation générale et testez la montée en chauffe simultanée de deux feux situés de chaque côté de la table de cuisson.
Comment équilibrer les phases au tableau pour éviter que le disjoncteur ne saute ?
Le piège récurrent d’un logement en triphasé réside dans la disjonction fréquente par dépassement de puissance par phase :
Si vous disposez d’un abonnement électrique de 9 kVA ou 12 kVA, votre puissance disponible n’est pas globale : elle est strictement fractionnée à hauteur de 3 kVA (15 Ampères) ou 4 kVA (20 Ampères) par phase. Si vous allumez deux foyers induction en mode Boost sur la Phase 1 alors que le lave-linge ou le chauffe-eau tourne déjà sur cette même phase, le disjoncteur de branchement saute instantanément, même si les deux autres phases du logement sont totalement au repos.
Pour garantir un fonctionnement serein sans coupures intempestives lors de la préparation des repas, vérifiez la répartition des charges dans votre tableau divisionnaire : raccordez la Phase 1 de la plaque avec des circuits d’éclairage peu consommateurs, attribuez la Phase 2 aux prises de service ordinaires, et réservez la Phase 3 aux appareils de forte puissance thermique comme le four à pyrolyse ou le chauffe-eau électrique.
Foire Aux Questions (FAQ)
⚡ Quel disjoncteur faut-il poser au tableau électrique pour une plaque en triphasé ?
La norme électrique NF C 15-100 impose d’alimenter une table de cuisson raccordée en triphasé par un disjoncteur divisionnaire tétrapolaire (3 phases + neutre) de 16 A ou 20 A, associé en amont à un interrupteur différentiel 30 mA de type A adapté aux courants de fuite électroniques des convertisseurs d’induction.
🍳 Que se passe-t-il si l’on inverse le fil de phase et le fil de neutre ?
Inverser une phase et le neutre sur le bornier injecte une tension de 400 Volts directe dans la carte mère de régulation basse tension de l’appareil ; cette erreur de câblage détruit instantanément les varistances de protection et les pistes de cuivre de la carte d’alimentation dès la mise sous tension.
🔌 Peut-on brancher une plaque à induction sur une simple prise murale 16 A ?
Non, c’est formellement interdit et dangereux : une table de cuisson développe une puissance cumulée bien trop forte pour les broches d’une fiche classique 16 A ; elle doit obligatoirement être raccordée sur une boîte de connexion murale fermée par un cache-câble à vis (sortie de câble dédiée) reliée directement au tableau électrique sans prises intermédiaires.









