C’est le scénario classique : vous avez acheté une maison avec une belle véranda, ou vous en avez fait construire une il y a 20 ans. Le problème ? Elle est inutilisable la moitié de l’année. C’est un congélateur en hiver et un sauna en été. Transformer cette « pièce de mi-saison » en véritable pièce de vie habitable toute l’année est un défi technique. Contrairement à une extension en parpaings, une véranda est constituée de métal et de verre, deux matériaux conducteurs. Isoler une véranda déjà existante demande de cibler les ponts thermiques stratégiques sans forcément tout démolir.
Les infos à retenir
- 🔥 Priorité N°1 : La toiture. C’est par le toit que s’échappe la majorité de la chaleur. Remplacer les plaques de polycarbonate fines par des panneaux sandwichs isolants est la modification la plus efficace.
- 🪟 Le vitrage : Si vous avez du simple vitrage, la seule vraie solution est le remplacement par du double vitrage à isolation renforcée (VIR). Les films isolants sont un « pansement » peu durable.
- 🧱 Le sol : Isoler le sol d’une véranda existante est complexe sans surélever le niveau. La pose d’un parquet flottant avec une sous-couche épaisse ou de grands tapis peut couper l’effet « sol glacé ».
- 📉 Réalisme : Même bien isolée, une véranda ancienne en aluminium sans rupture de pont thermique ne sera jamais aussi performante qu’un mur en brique isolé.
L’isolation de la toiture : là où tout se joue
Si votre véranda est couverte de plaques de polycarbonate transparentes (le « plastique » alvéolaire) ou de verre simple, c’est une passoire thermique. En été, l’effet de serre est insupportable ; en hiver, la chaleur monte et traverse le toit instantanément. Deux solutions s’offrent à vous : l’installation de stores anti-chaleur ou l’amélioration de l’isolation.
- Par l’extérieur (Le plus efficace) : Il s’agit de remplacer les plaques existantes par des panneaux sandwichs opaques. Ce sont des panneaux composés de deux feuilles d’aluminium prenant en sandwich une couche de mousse isolante (polystyrène extrudé) de 30 à 80 mm. Vous perdez la lumière zénithale (du toit), mais vous gagnez un confort thermique radical.
- Par l’intérieur (Le faux-plafond) : Si la structure le permet (poids), vous pouvez créer un faux plafond suspendu avec de la laine de verre et du placo ou du lambris PVC. Cela réduit la hauteur sous plafond mais crée un tampon thermique puissant.
Le traitement des parois vitrées
Les surfaces vitrées représentent souvent 80% de la véranda.
- Le remplacement des vitrages : Si vos menuiseries sont en bon état et assez épaisses, un vitrier peut remplacer vos anciens carreaux par du double vitrage argon ou du vitrage à contrôle solaire. C’est un gros budget, mais c’est définitif.
- Les films isolants (Solution budget) : Il existe des films adhésifs « anti-froid » ou « anti-chaleur » à coller sur les vitres. Soyons honnêtes : ils ne transforment pas un simple vitrage en double vitrage. Ils permettent cependant de réduire l’effet de paroi froide et de rejeter une partie des UV l’été. C’est une solution d’appoint.
- Les volets roulants : C’est la meilleure protection externe. Poser des volets roulants en façade crée une lame d’air isolante la nuit et sécurise la véranda.

Couper le froid par le sol
Une véranda posée sur une simple dalle béton sans isolation est un gouffre énergétique. Le froid remonte par le sol. Comme vous ne pouvez pas casser la dalle, la solution est de travailler en surépaisseur, par exemple en choisissant d’installer un radiateur.
- Poser un parquet stratifié ou flottant compatible pièces humides, avec une sous-couche isolante haute densité (polystyrène extrudé ou liège). Cela va réhausser le sol de 1 à 2 cm (attention au seuil de la porte-fenêtre !).
- Utiliser des tapis épais en laine ou en matière isolante pour créer des zones chaudes sous les pieds au niveau du coin salon ou repas.
L’avis du vérandaliste
« Rénover thermiquement une véranda des années 90 est souvent plus coûteux que prévu. Si les profils en aluminium n’ont pas de ‘rupture de pont thermique’ (une barrette plastique qui sépare l’alu intérieur de l’alu extérieur), vous aurez beau mettre du triple vitrage, le froid passera par les montants en métal. Parfois, il vaut mieux accepter de fermer la véranda l’hiver et de n’en profiter qu’à la mi-saison, plutôt que de dépenser des fortunes en chauffage. »
Un gain de confort, pas un miracle
Isoler une véranda existante permet d’étendre sa période d’utilisation (de mars à novembre au lieu de mai à septembre). En combinant une toiture opaque isolée et des volets roulants, vous obtiendrez une pièce agréable. Mais pour en faire un salon chauffé à 20°C par -10°C dehors, l’addition énergétique restera salée sans une reconstruction totale.
Foire Aux Questions (FAQ)
🌡️ Peut-on chauffer une véranda mal isolée ?
C’est possible techniquement, mais c’est un désastre écologique et financier. C’est comme chauffer avec les fenêtres ouvertes. Avant d’installer un radiateur ou une pompe à chaleur réversible, isolez d’abord la toiture, sinon les calories s’envoleront immédiatement.
🛠️ Peut-on coller du polystyrène sous le toit en polycarbonate ?
Oui, c’est une solution « bricolage » fréquente. On colle des plaques de polystyrène extrudé (Styrodur) directement sous les plaques de toit existantes. C’est peu esthétique (sauf si caché par un tissu ou canisse), mais très efficace pour couper la chaleur l’été et garder un peu de tiédeur l’hiver.
🌬️ Faut-il garder la ventilation ?
Absolument ! Une véranda isolée devient plus étanche. Sans ventilation (grilles d’aération sur les fenêtres ou VMC), vous allez avoir de la condensation massive sur les vitres et des moisissures, car l’air chaud de la maison va rencontrer les parois froides de la véranda.









